• CDO

    Collateralized Debt Obligation

    Il s'agit d'une structure de titrisation qui contient à l'actif des créances d'origines diverses (cas d'un CDO classique) ou des dérivés de crédit sur ces créances appelés Credit Default Swaps (cas d'un CDO synthétique) qui exposent les investisseurs au risque de défaut des actifs sous-jacents. En d'autres termes, les investisseurs "longs" assument le risque de crédit lié au portefeuille de créances titrisées (crédits immobiliers subprime par exemple). En contrepartie, ces investisseurs perçoivent une rémunération fixe liée au LIBOR réhaussé d'une prime qui dépend du rating du CDO par une agence de notation. La technique du réhaussement de crédit par tranchage permettait d'obtenir en théorie des "tranches" de CDO avec un rating AAA qui attirait des investisseurs à profil de risque faible comme les fonds de pension ou les banques coopératives.

    Exemples de CDO célèbre : ABACUS 2007-AC 1. C'est le fameux montage de CDO "toxique" vendu par la banque d'investissement Goldman Sachs à certains clients dont la banque allemande IKB en 2007.

    En avril 2010 une enquête a été initiée par la SEC (Securities and Exchange Commission) contre la banque Goldman Sachs suite aux soupçons sur un "conflit d'intérêt" potentiel ayant trait à ce montage. Le financier John Paulson aurait participé au montage de ce CDO sur lequel il avait une position vendeuse (position short) contrairement aux autres clients de la banque qui étaient "longs".

    Consulter le montage du CDO ABACUS 2007-AC 1


  • Retrouvez désormais mon nouveau blog "Nouveau monde, nouvelles puissances" à l'adresse suivante : http://blog.alexandrekateb.com

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  • Ci-dessous ma chronique BRICS du 22 mars 2012 dans La Tribune

    Au cours des trois dernières années, la Chine a montré un intérêt croissant pour l'acquisition d'actifs économiques en Europe. Cela concerne aussi bien des infrastructures de transport et de logistique comme le port du Pirée en Grèce ou celui de Naples en Italie, des entreprises énergétiques comme GDF Suez dont le fonds souverain CIC a acquis 30% du capital de la branche "Exploration et production", ou l'électricien portugais EDP (Energias do Portugal) dans lequel le groupe China Three Gorges a pris une participation de 20%, que des marques de luxe à l'instar de Sonia Rykiel récemment vendue à des investisseurs hongkongais.

    D'aucuns parlent d'une prochaine invasion de l'Europe par des capitaux chinois, ou évoquent une braderie des actifs stratégiques européens sur fonds de crise de la dette souveraine. Tout cela est très exagéré. Les investissements directs chinois en Europe restent pour l'instant limités, tant en volume qu'en nombre d'opérations ou en pays concernés. Comme l'a souligné l'économiste Françoise Lemoine dans une étude récente, l'Europe ne représentait fin 2010 pour la Chine que 5% du stock de ses investissements à l'étranger. Par ailleurs, le volume des investissement chinois en Europe demeure sans commune mesure avec le volume des investissements européens en Chine. Certes, le phénomène tend à s'accélérer depuis 2010 mais cela est surtout lié à l'internationalisation souhaitée par Pékin de sa monnaie, le renminbi ou yuan, afin de limiter l'accumulation d'excédents courants, de freiner l'appréciation du taux de change qui en résulte, et d'obtenir de meilleurs rendements sur ses colossales réserves en devises, dont une part prédominante est investie en titres d'Etat américains et, accessoirement, européens.

    Cette question a d'ailleurs fait l'objet d'une demi-journée d'échanges organisée en janvier dernier à l'Assemblée Nationale par le Club Emergences, un club d'affaires dédié aux développement des relations entre les décideurs européens et leurs homologues des pays émergents. Au fil des témoignages (dirigeants d'entreprises, banquiers et investisseurs en capital), il en ressortait que le potentiel d'accroissement des investissements chinois en Europe était encore considérable, et qu'il répondait à une véritable attente de la part des entreprises européennes, grandes ou moyennes, afin de soutenir leur internationalisation et de développer leurs relations d'affaires avec des groupes chinois. A titre d'exemple, on peut citer le partenariat entre le conglomérat chinois privé Fosun et le Club Méditerranée, avec une prise de participation du premier au capital du second, afin de développer une offre touristique haut de gamme en Chine. Cela passe aussi par un accès facilité des entreprises européennes au financement en renminbi, y compris en dehors de la Chine continentale, grâce notamment à l'accord signé fin 2011 entre Londres et Pékin pour faire de la City un centre majeur des relations financières sino-européennes.

    De manière générale, l'internationalisation des entreprises chinoises avec ou sans l'appui des fonds souverains (CIC, SAFE) et des grandes banques chinoises n'en est encore qu'à ses débuts. A mesure que le capitalisme chinois s'internationalisera, on devrait assister à une banalisation des opérations transfrontalières et trans-régionales qui devraient atténuer les craintes d'une supposée "main basse" de la Chine sur l'Europe. Comme cela s'est passé avec les multinationales américaines après la seconde guerre mondiale et japonaises dans les années 1960-1970, les multinationales chinoises devraient développer un ethos plus "internationaliste", et favoriser l'accélération de la libéralisation économique et politique en Chine. La question de l'accès des entreprises européennes aux marchés publics chinois - à travers leurs partenaires - pourrait notamment s'en trouver facilitée. Cela ne suffira sans doute pas à dissiper les craintes et les malentendus de part et d'autre, mais dans un monde multipolaire où les grands pôles de puissance sont de plus en plus interdépendants, une analyse centrée sur une vision étroite de la souveraineté économique n'est pas seulement anachronique, elle est aussi dangereuse.

    22/03/2012

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  • L’Europe et les pays émergents

    Dans son cycle de débats sur les relations internationales , le Mouvement européen « Paris-Sud » vous propose une conférence-débat sur le thème :

    « L’Europe et les pays émergents »

    Alexandre Kateb, économiste et maître de conférence à Sciences Po, est l’auteur de l’ouvrage « Les nouvelles puissances mondiales, pourquoi les BRIC changent le monde » (Ellipses, mai 2011). Après la domination des puissances occidentales pendant deux siècles à la faveur de la révolution industrielle, la course à la mondialisation a permis à de nouveaux pays « d’émerger » à partir des années 1980… Pourquoi et comment certains pays ont réussi leur décollage, qui leur permet de compter dans le nouveau monde multipolaire d’aujourd’hui ? C’est pour répondre à cette interrogation qu’ Alexandre Kateb s’entretiendra avec vous. Inscrivez-vous en cliquant sur le lien : « émergents » Ou par courriel à info@europe-parissud.fr
     


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  • Je retranscris ci-dessous une contribution au journal en ligne allemand The European (ainsi que la version allemande parue sur leur site) 

    TheEuropean

    La perte du AAA français, une bonne nouvelle pour l’Europe ?

    La dégradation par Standard&Poor’s de la note souveraine de la France et de quelques autres pays européens était largement anticipée par les marchés et les analystes financiers. En outre, comme on s’y attendait, la perte du AAA français a entraîné mécaniquement celle du Fonds Européen de stabilité financière (FESF) dont la capacité d’intervention est désormais réduite à moins de 300 milliards d’euros. L’intervention du FMI apparaît inéluctable pour secourir la Grèce, le Portugal ou même l’Italie. Mais au-delà des conséquences de cette décision sur le coût de refinancement des pays et entités publiques concernées, il faut analyser ses répercussions à moyen et long terme.

    En France, cette décision sanctionne la politique économique du président Nicolas Sarkozy mais aussi celle de ses prédécesseurs des trente dernières années, qu’ils soient de gauche ou de droite. Contrairement à l’Allemagne qui a axé sa stratégie de croissance sur la promotion des entreprises de taille intermédiaire – le Mittelstand - et a bâti une économie décentralisée après la seconde guerre mondiale, la France a privilégié un modèle fondé sur de grandes entreprises dirigées par des hauts fonctionnaires qui a permis de soutenir la consommation et de financer les dépenses publiques, mais qui s’est ensuite « grippé » à mesure que ces entreprises s’internationalisaient et échappaient à la pression fiscale nationale. A l’absence de renouvellement du tissu productif et au sentiment d’une « désindustrialisation » subie qui favorise l’essor du populisme et du protectionnisme, se conjuguent la difficulté de renouvellement des élites issues du baby boom, et la faillite de la politique d’intégration des populations immigrées.

    Les conséquences européennes de la décision de Standard&Poor’s, elles sont liées avant tout à l’absence de volonté politique, de la part de l’Allemagne et de quelques autres Etats « vertueux » d’aller vers un fédéralisme budgétaire et fiscal qui impliquerait une solidarité plus forte avec les pays du « Club Med ». Cela s’explique par la « fatigue institutionnelle » ressenti par les habitants de ces pays à la suite de la réunification allemande et de l’élargissement à marche forcée de l’Union Européenne dans les années 2000. En outre, le traité de Lisbonne de 2009 a renforcé la logique intergouvernementale, au détriment de la logique supranationale et de l’esprit du traité de Rome de 1957, sans toutefois atteindre le consensus nécessaire pour dépasser la crise actuelle. Même s’ils ont sans doute évité le pire, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n’ont pas su transformer la crise en opportunité. Ils n’ont pas su se hisser à la hauteur historique des couples De Gaulle - Adenauer ou même Mitterrand-Kohl.

    Quant aux marchés financiers qui ont été beaucoup critiqués, ce qu’ils demandent ce n’est pas moins d’Europe, mais au contraire une Europe renforcée dans ses fondations et dans sa gouvernance économique et monétaire. Au niveau technique, les solutions sont connues : instauration d’une fiscalité européenne, émission d’euro-obligations, mise en place d’un ministère des finances de la zone euro. Mais il faut aller plus loin, avec l’élection au suffrage universel d’un président de l’Union européenne, le renforcement du contrôle du parlement européen sur les budgets nationaux et le développement d’une politique industrielle qui fasse contrepoids à la politique de la concurrence. Tout cela nécessitera sans doute une nouvelle génération de leaders. En ce sens, la décision de Standard&Poor’s est salutaire. 

    Frankreichs Bonität : Traut euch

    Die Herabstufung Frankreichs durch die Rating-Agentur Standard & Poor’s ist ein Fanal für Paris und die gesamte Union. Die bisherige Industriepolitik des Landes wird damit gebrandmarkt. Doch die Märkte fordern mehr Europa, nicht weniger.

    Die Herabstufung Frankreichs und weiterer europäischer Länder durch Standard & Poor’s war von den Märkten und den Finanzanalysten erwartet worden. Der Verlust der Top-Note zog die Herabstufung des EFSF nach sich – auch das war erwartet worden. Dessen Reaktionsfähigkeit ist jetzt auf 300 Milliarden Euro reduziert. Eine Intervention des IWF scheint nunmehr unvermeidlich, um Griechenland, Portugal und eventuell sogar Italien zu retten. Neben den steigenden Refinanzierungskosten für die betroffenen Länder muss man aber auch die mittel- und langfristigen Auswirkungen bedenken.

    Nährboden für Populismus

    Mit der Entscheidung bestraft Standard & Poor’s nicht nur die Wirtschaftspolitik von Nicolas Sarkozy, sondern auch die seiner Vorgänger der letzten 30 Jahre, unabhängig davon, ob sie links oder rechts waren. Deutschland hat seine Wachstumsstrategie auf die Förderung des Mittelstandes ausgerichtet und nach dem Zweiten Weltkrieg eine dezentralisierte Wirtschaft aufgebaut. Im Gegensatz dazu bevorzugte Frankreich ein Modell, das sich auf große, von Beamten geführte Unternehmen stützte. Anfangs kurbelte dies zwar den Konsum an und ermöglichte die Finanzierung von öffentlichen Ausgaben. Als die Unternehmen sich aber zunehmend internationalisierten und der französischen Steuerlast entflohen, schmolz dieser Effekt dahin. Die wirtschaftliche Strukturschwäche fühlte sich fast wie eine De-Industrialisierung an und war ein Nährboden für Populismus und Protektionismus. Hinzu kommt nun noch das Problem, dass den Eliten der Baby-Boom-Generation niemand nachwächst, und dass die Integrationspolitik weitgehend versagt.

    Die europäische Dimension der Entscheidung von Standard & Poor’s ist in erster Linie ein Appell an den politischen Willen Deutschlands und der anderen „braven“ Staaten, einen Haushalts- und Fiskalföderalismus aufzubauen. Das würde nämlich eine stärkere Solidarität mit den Ländern des Club Med (Mittelmeerstaaten) bedeuten. Der fehlende politische Wille in Deutschland und den anderen „braven“ Staaten resultiert vor allem aus dem Institutionenverdruss der Bewohner in Folge der deutschen Wiedervereinigung und der großen EU-Erweiterung der 2000er-Jahre. Darüber hinaus hat der Vertrag von Lissabon die zwischenstaatliche Logik zu Lasten der supranationalen Logik in den Römischen Verträgen verstärkt, ohne dabei jedoch den Konsens zu erreichen, der zur Überwindung der aktuellen Krise notwendig wäre. Auch wenn sie zweifellos das Schlimmste verhindert haben, so sind Nicolas Sarkozy und Angela Merkel doch daran gescheitert, die Krise in eine Chance zu verwandeln. Sie haben es nicht geschafft, auf die historische Augenhöhe ihrer Vorgänger-Paare – De Gaulle/Adenauer und Mitterrand/Kohl – zu gelangen.

    Mehr Europa

    Die Finanzmärkte wurden viel kritisiert. Sie fordern jedoch nicht weniger Europa, sondern im Gegenteil ein in seinen Grundfesten und in seinem Wirtschafts- und Finanzregelungssystem gestärktes Europa. Auf der technischen Ebene sind die Lösungen bekannt: ein europäisches Steuersystem, die Ausgabe von Euro-Bonds sowie ein Finanzministerium für die Euro-Zone. Man muss aber noch weiter gehen: die allgemeine, direkte Wahl eines Präsidenten der Europäischen Union, eine stärkere Kontrolle der nationalen Haushalte durch das EU-Parlament und eine entschlossene Industriepolitik als Gegengewicht zur Politik der Konkurrenz. Dafür braucht es zweifelsohne eine neue Generation von Führungskräften. In diesem Sinne ist die Entscheidung von Standard & Poor’s heilsam.

    Übersetzung aus dem Französischen.

    von Alexandre Kateb

    23.01.2012


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