• Actifs toxiques : une nouvelle estimation à la hausse du FMI

    J'avais estimé il y a quelques semaines que les actifs toxiques portés par les grandes banques américaines et européennes seraient sensiblement révisés à la hausse pour atteindre 3000 à 4000 milliards d'ici la fin de l'année. Le Times révèle les nouvelles estimations du FMI qui devraient être confirmées d'ici au 21 avril. Elles s'avèrent conformes à mes propres estimations puisque le montant des actifs toxiques portés par les banques US serait estimé par le FMI à 3100 milliards de dollars (contre une prévision de 2200 milliards en janvier), et les actifs portés par les banques européennes seraient dépréciés de 900 milliards de dollars. Le total atteint donc 4000 milliards de dollars. Cette information a été reprise par toute la presse nationale et internationale ce matin.

    Ce chiffre de 4000 milliards pourrait encore être révisé à la hausse si la récession mondiale s'installait durablement. A ce propos, il n'est pas vain de rappeler que la récession actuelle est très différente des récessions précédentes. C'est une crise du crédit qui a provoqué la récession actuelle. Par conséquent, la sortie de la récession ne pourra se faire que si la pompe du crédit s'enclenche à nouveau quand la confiance des entreprises et des ménages reviendra (lire à ce propos l'excellente analyse de Roger Altman dans le Financial Times). Or dans le contexte actuel d'accumulation des pertes et de dépréciations d'actifs dans les bilans bancaires - la tendance étant clairement à l'aggravation - on ne voit pas bien comment le crédit pourrait repartir à la hausse, tant que le problème n'est pas traité à la source. Même en 2010 si reprise il y a, celle-ci serait de toute évidence très fragile. On risque d'avoir un scénario en W (reprise puis rechute) comme en 1980-1982, surtout si les menaces de retour de l'inflation se confirment. 

    La question du nettoyage des actifs toxiques portés par les banques, - qui n'a même pas été effleurée au G20 à Londres -, devrait donc revenir au centre des priorités politiques. Tous les plans de relance du monde ne suffiront pas à relancer l'économie mondiale si le secteur bancaire n'est pas restructuré. A défaut, le monde pourrait s'enliser dans une récession durable, et toute amorce de reprise serait vite cassée.


     


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